
|
Présentation Outaouais à l’urgence : 27 février 2007
Document présenté par la TROCAO (table régionale des organismes communautaires autonomes
de l’Outaouais). La Trocao est un regroupement régional d’organismes communautaires
qui oeuvrent en majorité en santé et services sociaux, nous avons actuellement 130
organismes membres. Notre rôle est de les représenter, en autre auprès de l’Agence
sss, de les informer, de les concerter et de leur offrir de l’appui au quotidien.
Voici un bref portrait du financement des OC en sss. Une tâche complexe, car il
existe de nombreuses spécificités régionales.
Contexte
La situation de sous-financement de l’ensemble du réseau de la sss en Outaouais
a eu des répercussions importantes sur une multitude d’OC. Si on utilise un vocabulaire
plus technocratique que communautaire, il est possible d’affirmer que devant le
manque criant de service, les OC ont été contraints d’offrir une « palette de services
» exceptionnellement élargies. Ainsi, il existe une série de services qui sont offerts
par les OC en l’Outaouais et qui sont offert ailleurs au Québec, par le réseau publique.
À titre d’exemple, le rôle joué par les organismes dans l’accompagnement clinique
en santé mentale et en fin de vie est tout à fait exceptionnel. Aussi, celui joué
par les organismes en intervention de crise et en santé physique, notamment auprès
des femmes, est aussi tout à fait spécifique. Cette expertise régionale unique qui
a été développée par les OC et doit être reconnue et financée.
Situation financière
Selon les rapports du ministère de la sss
le financement des organismes communautaires de la région se situe au cinquième
(5) rang sur les dix-sept (17) régions du Québec, mais cela ne tient pas compte
du rôle particulier joué par ces organismes.
Soyons clair, nous ne plaidons par pour un transfert du budget de ces organismes
vers le réseau. La situation de sous-financement ayant été présente depuis fort
longtemps, progressivement les OC ont développé une très grande expertise, il faut
en tenir compte et les encourager. Mais, il faut prendre en considération cette
situation unique dans nos calculs du financement de l’ensemble du réseau de la sss.
Selon notre analyse qui tient compte de ce
rôle unique dans notre région, il est possible d’affirmer que les sommes
requises par ces services « exceptionnels » représentent au moins 3 millions de
l’enveloppe des 20 millions attribuées au financement de l’ensemble des organismes.
Alors, si on en fait l’analyse d’un autre angle, en réalité nous sommes parmi les
régions où les OC sont clairement sous-financés. Il a été démontrer que selon un
rapport d’enquête sur les impacts du sous financement que :
- 41% des organismes communautaires ont moins de $50 000 dollar par an pour répondrent
adéquatement aux besoins de la population;
- les 2/3 affirment qu’ils sont contraints de réduire leurs activités et services;
- 16% d’entre eux doivent fermer leurs portes temporairement fautes de revenu insuffisant;
- les lignes d’attente s’allongent, le personnel est surchargé et que 63% des organismes
sont aux prises avec des problèmes majeurs d’épuisement professionnels;
- et ce, sans parler de la précarité des emplois, des salaires et des conditions de
travail insuffisants pour ces salariéEs qui sont à 80% des femmes.
Au cours des dernières années, la situation ne cesse de se détériorer. Le niveau
de financement des OC en sss de l’Outaouais est passé de 7 % en 2000 à 6 % en 2003,
et la situation ne se rétablit pas... De plus, depuis la création des Centre de
santé et de services sociaux, l’argent va de plus en plus pour le curatif.
On se retrouve devant une situation paradoxale où on a appellé le communautaire
à la rescousse du réseau afin de combler les principaux trous de services et que
maintenant on ne cesse de limiter l’appui qu’on lui offre.
Sur le compte de qui de quoi?
Cette situation de sous-financement où les OC doivent combler les urgences « santé
et sociale » doit malheureusement se faire au détriment du travail de prévention
et de promotion, point crucial du travail des OC. Et, naturellement, en diminuant
la contribution essentielle des OC en prévention et promotion, l’accroissement des
problèmes est inévitable. Fait constaté d’ailleurs par des études américaines qui
mentionnent que chaque dollar investi en prévention fera économiser sept fois plus
en soins de santé plus tard.
Devant cette constatation et afin de contrer la détérioration progressive du réseau
de la sss, un accroissement accru du financement des OC et de l’ensemble du réseau
de service est indispensable, en fait c’est une urgence.
Télécharger ce document
|