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LA PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE EN OUTAOUAIS EST RÉELLE
Le premier volet portera sur la pénurie du personnel de soins de santé (infirmières,
infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes) dans l’Outaouais québécois :
- Après le Grand Nord du Québec, l’Outaouais est la région la plus touchée en pénurie
d’effectif, c'est-à-dire que le pourcentage de pénurie atteint 4,2 %, tandis que
dans la région de Québec ce pourcentage de pénurie n’est que de 1,6% et à Montréal,
il est de 3,1%. Ce pourcentage est établi en fonction des 18 régions administratives
du Québec.
- La pénurie ne tient même pas compte des besoins de remplacement au quotidien (maladie,
congé de maternité, surcroît de travail, etc.). Pour le CSSS de Gatineau, qui est
le plus gros employeur de l’Outaouais, les départs sont aussi importants que les
embauches, car les conditions de vie au travail se détériorent.
- S’ajoute à ces éléments la particularité de la région de l’Outaouais, qualifiée
de « plaque tournante » au niveau de sa main d’œuvre, faisant en sorte qu’une partie
importante de celle-ci origine de différents milieux autres que celui de l’Outaouais
et est parfois portée à retourner vers son milieu natif.
- Le développement de l’hôpital Montfort a un effet d’attraction direct sur le personnel
soignant de l’Outaouais québécois. De plus, le développement à venir de l’hôpital
Montfort se trouve surtout dans les secteurs spécialisés. Et où pensez-vous que
se fait le plus gros du recrutement dans ces secteurs. Bien sûr, du côté québécois,
où le Québec forme les infirmières dans les secteurs spécialisés, et après quoi
les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes se laissent séduire
par les conditions salariales et de travail de l’Ontario.
- Chaque fois que l’employeur perd une ressource en santé, le coût de la perte correspond
à 60,000$ par salariée. N’aurait-il pas lieu d’investir ces montants de façon à
offrir des conditions de travail qui permettraient de retenir le personnel en santé
dans nos établissements de l’Outaouais?
- L’agrandissement de l’hôpital Montfort et la dégradation des conditions de travail
locales du côté québécois risquent d’accentuer l’exode de la main-d’œuvre et de
créer une pénurie critique du côté de l’Outaouais québécois.
Le deuxième volet abordera l’insuffisance de la formation offerte par les établissements
d’enseignement en Outaouais :
- Depuis des années, on dénonce le fait que la région de l’Outaouais n’est pas autosuffisante
en matière de personnel de santé, parce qu’elle ne réussit pas à former un nombre
suffisant de personnel infirmier, d’infirmières auxiliaires et d’inhalothérapeutes
pour répondre à ses propres besoins. Elle dépend des autres régions à ce chapitre.
- Par exemple, à cause d’un manque d’organisation des espaces d’enseignement, les
infirmières anglophones formées dans la région quittent directement pour l’Ontario
après leurs études. En d’autres mots, on forme au collège Héritage, en milieu urbain,
des travailleuses de la santé anglophones alors que, selon nous, les besoins concrets
et réels se trouvent en milieu rural dans le Pontiac, là où le besoin d’effectifs
anglophones est criant.
- Pourquoi ne pas faire un point de service rattaché au collège Héritage en milieu
rural dans le Pontiac? Du même coût, on pourrait augmenter les cohortes francophones
dans le milieu urbain à même le collège Héritage pour combler les besoins de personnel
soignant en santé. Cela serait une façon de rendre la région un peu plus autosuffisante.
- Les employeurs de l’Outaouais offrent de la formation dans les milieux de travail
et ce, dans de multiples spécialités, mais parce que nous sommes en pénurie dans
ces spécialités, les personnes soignantes qui y travaillent se découragent de leurs
piètres conditions de travail (manque d’effectif, temps supplémentaire obligatoire,
etc.) et décident de quitter pour l’Ontario, ou encore elles optent pour d’autres
types d’emploi. Il est difficile de concevoir que les employeurs de l’Outaouais
acceptent d’aider Ottawa ou la province de l’Ontario, car les infirmières, infirmières
auxiliaires et inhalothérapeutes arrivent de l’autre côté de la rivière avec une
formation qui n’a pas coûté un cent au nouvel employeur. L’investissement est très
élevé pour l’Outaouais (60 000 $ par personne).
- Le sous financement entraîne des déficits, qui à leur tour, entraînent des compressions
qui, elles, sont effectuées dans le personnel et les soins à offrir à la population
(c.à.d : non remplacement ou remplacement par autre titre d’emploi, temps supplémentaire
obligatoire, abolition de postes, etc.).
- Tous les rapports de planification de main-d’œuvre s’entendent pour dire qu’il faut
améliorer les conditions de travail des professionnelles non seulement pour attirer
les étudiantes dans les professions mais aussi pour retenir les infirmières, les
infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes.
- La situation de la loi 30 qui force la négociation locale à coût zéro (0), ne tient
compte d’aucune réalité régionale. N’aurait-il pas lieu d’investir de façon à offrir
des conditions de travail locale qui permettraient de retenir le personnel en santé
dans nos établissements de l’Outaouais?
- Tout nous démontre que la rétention doit continuer de constituer un défi au quotidien.
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